Catégorie : Actualités

Écrire pour les libérer.

Actualités – Prisonniers politiques Sarahouis détenus au Maroc.

Actualités – Le Sahara occidental, situé au Nord – Ouest du continent africain, entre Maroc et Mauritanie, n’existe pas en tant qu’Etat indépendant ! C’est en effet la dernière colonie en Afrique. D’abord colonie espagnole, elle est depuis 1976, occupée par le Maroc qui prétend y être souverain. Et pourtant la RASD existe, République sahraouie démocratique proclamée le 27 février 1976, dont l’administration et la population sont principalement établies en Algérie et sur une partie du Sahara occidental libéré.

Cette citoyenneté ne peut s’exprimer publiquement dans la partie occupée par le Maroc ! Appeler à l’autodétermination vous envoie directement en prison pour atteinte à l’intégrité territoriale du royaume.

Alors pas d’hésitation devenez marraine ou parrain et suivez sur le site les conditions proposées pour écrire et vous informer régulièrement de leur situation.

Naâma Asfari : « Un combat pour la liberté et la dignité vaut tous les sacrifices »

Interview de Naâma Asfari réalisée par Mohamed Abdoun 

Devant tant de courage, tant de sens du sacrifice stoïquement accepté de Naâma Asfari, l’on ne peut que rester béat d’admiration. Prisonnier politique sahraoui, arbitrairement condamné, torturé, porte-parole des emblématiques manifestants pacifiques de Gdeim Izik, il nous a accordé un entretien exclusif grâce à la précieuse aide de son épouse Claude Mangin- Asfari. Il oublie sa souffrance, refuse d’en parler, mais parle de l’exemple algérien, qui donne force et courage de tenir, de rester debout.

Notre interlocuteur analyse de façon brillante l’actuelle phase de dialogue à l’Ambassade US de Madrid. Il pense que les Américains se servent du Maroc, qu’ils ont plus besoin de l’Algérie et du Sahara Occidental que du royaume chérifien. Mais, la conclusion, forte et poignante à la fois, parle d’une victoire proche et immuable. Dire cela, (lors de sa seizième année d’incarcération arbitraire)  du fond d’une cellule,  tétanise les geôliers et bourreaux de Naâma Asfari.

C’est arrivé. J’ai pu tutoyer le courage personnifié. Il a pour nom Naama Asfari.

 

« Ici, les choses vont comme dans une prison de l’occupant, où l’arbitraire est imposé en règle de gestion et de conduite ».

« Il s’agit en priorité de résister à toutes les formes de pression pouvant être exercées sur nous. Et, en même temps, de rester fermement attachés à notre droit à l’autodétermination ».

« Toute la politique des Américains vis-à-vis des Marocains est beaucoup plus tacticienne que stratégique». « Ce processus, certes long et laborieux, prépare l’indépendance des Sahraouis dans le futur». « Les intérêts économiques au Maghreb sont en Algérie et au Sahara Occidental, pas au Maroc ».

« Le Maroc est plus affaibli que jamais en ce qui concerne l’épineux dossier des prisonniers politiques ». «Le Maroc n’a rien gagné, n’a rien fait de bon dans le territoire occupé du Sahara occidental depuis une bonne cinquantaine d’années ». « Notre destin est lié à l’évolution des négociations en cours.

« Le Maroc a essayé de nous détruire psychiquement. Or, au finish, c’est nous qui avons gagné, même sur ce plan ». « Pour moi, quinze ans de prison pour cette cause, c’est comme une année, un mois, un jour. Surtout quand on est convaincus que la victoire est au bout du chemin ».

« L’immense exemple algérien nous a toujours servi de phare et de baromètre. Regarde aussi cette phénoménale résistance des Palestiniens ». « Notre fierté est incommensurable de faire partie des prisonniers politiques réprimés lors de la grande et célèbre manifestation pacifique de Gdeim Izik ».

 

La Patrie News : c’est un énorme plaisir et un grand honneur de vous avoir au bout du fil…

Naâma Asfari : Tout le plaisir est pour moi. Comment allez-vous ? Ça devrait être à moi de m’enquérir de votre état de santé physique et mental. Je manque à mes obligations. Mais, l’émotion est trop forte. Ici, les choses vont comme dans une prison de l’occupant, où l’arbitraire est imposé en en règle de gestion et de conduite.

Vous m’en voyez désolé. Permettez que je passe tout de suite aux questions. Je sais que le temps nous est compté, et que vous pouvez être interrompu à tout moment. Comment réagissez-vous à cette reprise de dialogue entre le front Polisario et le Maroc colonial, avec cette forte symbolique du lieu de la rencontre, à savoir l’Ambassade des USA en Espagne ?

Il est difficile d’arrêter une opinion sur cet évènement majeur, car je ne dispose pas de toutes les données fiables pour analyser correctement cette brusque accélération des évènements. En revanche, je vois clairement que les Américains eux-mêmes n’ont pas de solution apparente. A mon sens, ils continuent à maintenir  et à gérer le statuquo en faisant semblant de régler cette évidente et simple question de décolonisation. Pour ma part, j’ai toute confiance en les capacités du Polisario, de l’Algérie, de tous les amis sincères de la cause sahraouie, de s’adapter à toutes les situations et défis nouveaux qui viendraient à nous être posés et imposés.

Je sais que le Polisario gardera le cap sur ce qui est stratégique pour nous. Il s’agit en priorité de résister à toutes les formes de pression pouvant être exercées sur nous. Et, en même temps, de rester fermement attachés à notre droit à l’autodétermination. Pour le reste, je reste convaincu qu’il n’existe aucune analyse ou donnée solide qui permette de supposer que les Américains seraient à 100 % avec les Marocains. Ma réponse est non. Catégoriquement non. Toute la politique des Américains vis-à-vis des Marocains est beaucoup  plus tacticienne que stratégique.

C’est ce qui me pousse à supposer qu’actuellement, les Américains font pression sur les autres parties pour arriver à une solution définitive à cette question. Une solution qui garantisse in fine l’autodétermination du peuple sahraoui. Cela, en passant par une phase de transition ou d’autonomie. C’est une sorte de renouvellement ou d’actualisation du plan Baker.

Vous parlez là du plan Baker en effet, que le Maroc avait ostensiblement rejeté.

Tout à fait. J’ajouterais que ni le Polisario, ni l’Algérie, n’ont intérêt à ce que le Maroc soit déstabilisé et sombre dans le chaos. Donc, avec l’aide et l’assentiment du Polisario et de l’Algérie, les Américains accordent cette autonomie pour assurer une transition pacifique de cinq à dix ans au Maroc. Ce processus, certes long et laborieux, prépare l’indépendance des Sahraouis dans le futur.

J’apprécie à sa juste valeur cet optimisme que vous nourrissez du fin-fond de votre sombre cellule carcérale. Donc, vous craignez quand-même que le statu quo ne vienne à être perpétué après un demi-siècle d’occupation marocaine et de pillage des ressources halieutiques et minières sahraouies…

La suite des évènements va dépendre totalement de l’évolution des négociations en cours.

Avec un président comme Trump à la manœuvre, les choses peuvent évoluer très vite, et dans tous les sens possibles et imaginables…

C’est en partie vrai. Car, les vraies intentions des Américains n’apparaissent pas pour le moment. A présent, l’action des Américains ne se décline que sur le plan médiatique. D’ailleurs, l’ouverture de l’Algérie en direction des USA se fait dans un sens économique et commercial. Or, c’est l’aspect qui intéresse au plus haut point les dirigeants américains. Plus encore ceux de l’administration Trump. Or, les intérêts économiques au Maghreb sont en Algérie et au Sahara Occidental, pas au Maroc.

Assez parler de géostratégie. Dites-moi comment vous allez, réellement, comment l’on vous traite, comment vous supportez cette arbitraire période carcérale ?

Regarde. Une guerre de libération se mène et se gagne sur divers fronts, et par plusieurs troupes. Eh bien, je crois qu’en ce qui concerne les prisonniers politiques sahraouis, cette bataille est en passe d’être largement remportée. Le Maroc est plus affaibli que jamais en ce qui concerne l’épineux dossier des prisonniers politiques. Depuis une bonne quinzaine d’années, le Maroc reconnait implicitement que les combats des prisonniers politiques et des Sahraouis dans le territoire occupé ont été largement remportés par nous. Le Maroc n’a rien gagné, n’a rien fait de bon dans le territoire occupé qu’il occupe depuis 50 ans.

Notre position maintenant est traitée sur le plan politique au niveau de ces négociations en cours. Les détenus politiques font partie des priorités mises en avant par le Front Polisario dans ses actuelles négociations. Notre destin est lié à l’évolution de ces négociations. Du moins, pour les quelques mois à venir. En attendant d’y voir plus clair.

Très pertinent résumé de cette épineuse question….

Il y a un autre point sur lequel j’aimerais revenir, ne serait-ce que brièvement, faute de temps imparti. Le Maroc a essayé de nous détruire psychiquement. Or, au finish, c’est nous qui avons gagné, même sur ce plan. Car nous sommes pleinement ancrés sur le plan de la résistance, et de la lutte de libération nationale. Nous ne sommes pas engagés dans un plan chronologique et temporel classique. Pour moi, quinze ans de détention font partie de cinquante ans de lutte du peuple sahraoui. Nous n’avons pas la même définition du temps.

Avec de pareilles convictions, forgées en acier trempé, le courage et la force de tenir vous sont prodigués à profusion.

Quand on lutte pour une cause qui, aujourd’hui, est discutée au niveau des Nations-Unis, à divers et hauts niveaux internationaux, lorsque cette noble et juste cause, dont nous sommes d’humbles militants, est prise en compte par les plus grandes puissances de la planète, il est évident que nous tenons en main l’horloge du temps. Nous maitrisons pleinement la définition de notre temps, de son écoulement. Dans ce cas précis, je l’appelle « TEMPS DU COMBAT NATIONAL ».

Il ne s’écoule pas du tout à la même vitesse. La chronologie n’est pas du tout la même. Pour moi, quinze ans de prison pour cette cause, c’est comme une année, un mois, un jour. Surtout quand on est convaincus que la victoire est au bout du chemin. La quête de liberté nous aide à tenir. Je dis cela par conviction solide et inébranlable. Il n’y a rien de surfait dans ce que je dis. Non, ce n’est pas de la langue de bois.

Chapeau bas. Toute mon admiration à toi et à ton peuple.

Tu sais, l’immense exemple algérien nous a toujours servi de phare et de baromètre. Regarde aussi cette phénoménale résistance des Palestiniens. Ces exemples nous donnent force et courage. Quinze ans de prison ne pèsent rien face aux vingt, vingt-cinq ans des prisonniers politiques qui nous servent de phare et de modèle. Un combat pour la liberté et la dignité vaut tous les sacrifices. L’Histoire est pleine de ce genre de leçons. La triste réalité d’aujourd’hui nous en met plein les yeux aussi.

Notre fierté est incommensurable de faire partie des prisonniers politiques réprimés lors de la grande et célèbre manifestation pacifique de Gdeim Izik. Même au  fin fond de nos cellules sombres, nous avons continué à marquer des points contre l’ennemi et colonisateur marocain. Face à ses immenses moyens répressifs, médiatiques, nous restons debout. Nous continuons avec la même détermination. Nous sommes convaincus qu’un jour prochain, lumière et liberté selon le lot des prisonniers politiques, mais aussi de tous les Sahraouis.


Source : https://lapatrienews.dz/naama-asfari-un-combat-pour-la-liberte-et-la-dignite-vaut-tous-les-sacrifices/

DEUX ÉTUDIANTS SAHRAOUIS CONDAMNÉS À DEUX ANS DE PRISON FERME, ACCOMPAGNÉS D’UNE AMENDE DE 500 DIRHAMS CHACUN

L’Association de la Jeunesse Sahraouie de France condamne les verdicts prononcés contre deux étudiants sahraouis.

La Cour d’appel de la ville d’Agadir, au Maroc, a rendu, hier lundi 6 janvier 2025, un verdict condamnant les étudiants sahraouis Ayman Laytharbi et Bourkaba El-Houssein à deux ans de prison ferme, accompagnés d’une amende de 500 dirhams chacun.

Ces deux étudiants avaient été arrêtés en raison de leurs positions politiques en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Ils étaient connus pour leurs prises de position au sein des universités marocaines. Le procès s’est déroulé sous une surveillance sécuritaire renforcée. Les autorités marocaines ont encerclé le périmètre du tribunal et déployé des agents de sécurité dans la salle d’audience. Malgré ces mesures restrictives, les deux étudiants sont entrés dans la salle en levant le signe de la victoire, symbolisant leur résilience et leur conviction en la justice de leur cause. Lors des audiences, les étudiants ont nié toutes les accusations portées contre eux, affirmant que leur ciblage s’inscrivait dans le cadre des campagnes de répression continues contre les étudiants sahraouis dans les universités marocaines, notamment à l’Université Ibn Zohr, où ils militaient pour les droits du peuple sahraoui.

L’affaire remonte à 2024, lorsque Ayman Laytharbi a été arrêté le 29 janvier, suivi de l’arrestation de Bourkaba El-Houssein, le 12 mars, après leur participation à des activités syndicales et politiques au sein de l’Université Ibn Zohr.

Face à cette situation, l’Association de la Jeunesse Sahraouie de France, déclare :

  • Notre solidarité absolue avec les étudiants sahraouis détenus, Ayman Laytharbi et Bourkaba El-Houssein.
  • Notre appel à la communauté internationale pour faire pression sur l’État marocain afin qu’il libère immédiatement nos camarades détenus.
  • Nous tenons l’État marocain pour entièrement responsable de la sécurité et de l’intégrité physique de nos camarades emprisonnés.

Nous appelons les Nations Unies à envoyer une commission pour surveiller et enquêter sur toutes les graves violations et atteintes flagrantes subies par les civils sahraouis sans défense dans les territoires occupés, au sud du Maroc et dans les universités marocaines.

  • Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines.

Association de la Jeunesse Sahraouie de France

Paris, le 07/01/2025

Actualité du mois de mai 2024 – REFUS DE L’ETAT MAROCAIN DE RESPECTER SES OBLIGATIONS JURIDIQUES EN MATIERE DE DROITS DE L’HOMME.

C’est l’une des conclusions du Rapport 2023 de La Ligue de Protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines  (LPPS) sur la situation des prisonniers civils sahraouis dans les prisons de l’occupation marocaine.
Ce rapport préparé pour le prochain Conseil des Droits de l’Homme qui se tiendra à Genève du 18 au 22 juin détaille les conditions de vie très difficiles des prisonniers, les refus de soins médicaux, les mises à l’isolement pendant des années, les visites des familles entravées…
La LPPS appelle à la libération des prisonniers politiques sahraouis et demande à la communauté internationale, au CICR et à l’Union africaine de faire pression sur le Maroc pour qu’il respecte le droit international et les Conventions de Genève.
Pour consulter le rapport : Rapport LPPS 2023 FR – PDF

PRISONNIERS POLITIQUES – Actualités janvier-mars 2024

Conditions de détention déplorables, grèves de la faim à répétition.


13 février

La situation de santé d’Abdallahi Ahmed Elhafed dit Toubali  est très préoccupante. Sa famille confirme qu’il souffre de tuberculose, conséquence d’années de détention misérable, de l’absence de soins médicaux et de la surpopulation dans la cellule, qui l’a fait suffoquer à plusieurs reprises… Il n’a bénéficié d’aucune procédure médicale et n’a pas été transféré à l’hôpital pour éviter toute complication susceptible de menacer sa santé et sa sécurité (source Sprasd)

15 février

La LPPS (Ligue de protection des prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines) alerte sur la situation de 3 détenus  » Sidahmed Lemjayed, Muhamed Bani et Brahim Ismaili qui viennent d’entamer une grève de la faim de 48 heures car ils «  sont continuellement soumis à la torture, au harcèlement, aux menaces et aux agressions délibérées sans la moindre intervention de l’administration pénitentiaire locale, Ait Melloul 2. »  Grève de la faim renouvelée les 8 et 9 mars pour protester « contre les pratiques racistes et les violations imposées par l’administration pénitentiaire. »

21 février

Ahmed Al-Bachir Ahmed Al-Sbai  engage une grève de la faim de 24 heures pour protester contre la difficulté voire l’interdiction de recevoir des médicaments.

Le 25 février,

le journal El Independiente a publié un article du journaliste Francisco Carrión sous le titre « Ce que Sanchez n’a pas visité au Maroc : les prisons. » Il y décrit  la situation vécue par le journaliste sahraoui Mohamed Lamín Haddi (Groupe Gdeim Izik) alors que les autorités marocaines prétendent qu’il est bien traité et jouit de tous ses droits ! La famille de Haddi, soutenue par l’Union des journalistes et écrivains sahraouis (UPES) a démenti ces allégations : il ne reçoit ni traitement médical, ni visites familiales et subit des agressions continuelles.

17 mars

Brahim Ismaili  a été hospitalisé. Selon une déclaration de sa famille, son transfert à l’hôpital était dû à une grave détérioration de son état de santé. Cependant, il n’a subi aucun examen médical ou examen approfondi pendant son séjour à l’hôpital en raison de la négligence médicale et de la politique de procrastination adoptée à son égard. (Source Sprasd)

PRISONNIERS POLITIQUES – Actualités novembre – décembre 2023

8 novembre 2023 : Journée nationale  du prisonnier sahraoui

« Des dizaines d’étudiants sahraouis en Europe (Espagne, France…) ont appelé à la libération immédiate des détenus politiques sahraouis incarcérés arbitrairement par les autorités d’occupation marocaines, interpellant la communauté internationale pour sanctionner le Maroc en raison de ses violations répétées et délibérées des droits de l’Homme contre le peuple sahraoui.

Pour mémoire la date du 8 novembre a été choisie en raison des évènements survenus le 8 novembre 2010, lorsque les forces d’occupation marocaines ont démantelé sauvagement le campement de Gdeim Izik, qui comprenait environ 6.500 tentes installées par des Sahraouis un mois plus tôt pour protester contre les mauvaises conditions socio-économiques au Sahara occidental occupé par le Maroc depuis 1975. »

Source SPS.

7 décembre 2023 – La Ligue des prisonniers politiques sahraouis publie son rapport périodique sur la situation des prisonniers civils dans les prisons marocaines pour la période s’étendant du 1er août 2023 au 30 novembre 2023.

Lien le Rapport périodiquePDF

8 décembre 2023

Saluant  l’Avis du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire qui vient de demander la libération immédiate des prisonniers de Gdeim Izik au Sahara occidental, les Familles des prisonniers de Gdeim Izik, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, Le Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’homme ont organisé un webinar de plaidoyer appelant le Maroc à respecter la décision du Groupe de travail des Nations Unies.

23 décembre 2023

L’organisation internationale Front Line Defenders appelle, le Maroc à libérer « immédiatement » les prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, maintenus arbitrairement en détention depuis plus de 13 ans.

Communiqué de Presse – Le Maroc préside en 2024 le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU : une mauvaise farce ?

Ce 10 janvier 2024, 30 États parmi les 47 votants au Conseil ont élu, à bulletin secret, le Maroc pour présider le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en 2024.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui, dans le monde, plaident et bataillent pour que les droits humains soient respectés. Batailles menées par de multiples organisations aussi bien dans leur pays qu’à Genève. En effet le Maroc ne se distingue pas positivement en ce domaine : une monarchie autoritaire, qui empêche toute liberté de presse et surveille de près toute forme de contestation, et surtout un pays qui depuis 1975 occupe son voisin le Sahara occidental et empêche le scrutin d’autodétermination de son peuple, pourtant recommandé par l’ONU et le Conseil de Sécurité chaque année. Lire plus

Communiqué de presse – Une bonne nouvelle, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire s’adresse au Maroc : libérez immédiatement les prisonniers de Gdeim- Izik

Souvenons-nous, le soulèvement pacifique des Sahraouis à Gdeim Izik, au Sahara occidental, en novembre 2010, premier mouvement du Printemps arabe. Et souvenons-nous des 24 militants, journalistes, membres d’associations de défense des droits de l’homme, arrêtés et condamnés à de lourdes peines.

Ce 11 novembre 2023, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire vient de conclure que leur détention dans les prisons marocaines était illégale.

Dans sa demande de libération de tous les prisonniers de Gdeim-Izik, les juristes du Groupe de travail ont mis en lumière toutes les formes d’arbitraire qui ont pesé sur leur procès devant un tribunal militaire marocain et sur leur détention : refus d’accès à des avocats, aveux obtenus sous la torture, manque d’impartialité et d’indépendance de la Cour de justice, traitements inhumains dans les différentes prisons marocaines où ils sont détenus (Réf : A/HRC/WGAD/2023/23).

Depuis treize ans, de nombreux observateurs tels que Amnesty international, Human Rights Watch, ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), notre association déléguant à plusieurs reprises juristes et avocats ainsi que les détenteurs des mandats des Nations Unies, dénoncent cette situation. Depuis treize ans également les familles des prisonniers, souvent éloignées des lieux de détention, luttent pour la libération de leurs proches en lien avec la Ligue pour la Protection des Prisonniers Politiques Sahraouis dans les prisons marocaines (LPPPS).

Avec ces familles, avec les associations qui militent sans trêve pour le respect des droits humains, nous saluons cette décision du groupe de travail des Nations Unies. C’est aussi un message adressé aux autorités françaises pour qu’elles veillent à l’application de cette décision et interviennent partout où leur autorité peut s’exercer afin que le Maroc libère très vite ces prisonniers. Première étape avant la tenue du référendum d’autodétermination des Sahraouis prévu par l’ONU, référendum en panne depuis près de 50 ans et qui prive un peuple non-autonome de son droit à être indépendant.

Paris, le 29 novembre 2023.

PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS – Actualités septembre-octobre  2023

Demande de rapprochement et droit de visite.

Naâma Asfari, emprisonné à Kenitra, avait demandé une autorisation pour se rapprocher de son grand-père, très malade, grand-père qui l’avait élevé durant la longue disparition de son père. Pas d’autorisation. Claude Mangin, épouse de Naâma Asfari, n’a pu représenter Naâma à l’enterrement de son grand-père début septembre 2023 à Guelmim, puisqu’elle est interdite de visite depuis 2016. Questionnées par une députée, les autorités françaises répondent le 8 septembre : « Soyez assurée que les services du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères continueront d’évoquer la situation de Madame Mangin-Asfari avec les autorités marocaines ».

Equipe Media a publié en juillet 2023 une courte vidéo : Ennama Asfari – Un récit de résilience et de tragédie

7 septembre – Arrestations – Les forces d’occupation marocaines ont arrêté quatre Sahraouis qui se rendaient à une réunion avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura. Arrêtés à midi devant l’hôtel Bavaro Beach à Dakhla, et emmenés au poste de police de Dakhla, ils ont été libérés le soir, à 19h30.

Source Equipe Media

 

9 septembre – Le séisme au Maroc a été ressenti dans certaines prisons, en particulier Bouizarkane. Les prisonniers ont été enfermés dans leurs cellules, et abandonnés par les gardiens.

 

54e session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève, le Mouvement français contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a exprimé sa préoccupation face au recours excessif à la détention arbitraire, par le Maroc, contre les prisonniers politiques sahraouis, appelant le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire à rendre visite à ces détenus. (Source APS). Le Maroc s’oppose à toute visite des détenus par les institutions onusiennes et la Croix Rouge.

27 -28 septembre – Attaque contre domicile des militants politiques et des droits de l’homme sahraouis, Lahbib BOUTENGUIZA et Mahfouda Bemba LEFKIR  » à Laâyoune et destruction, pour la deuxième fois, des caméras installées par la famille pour témoigner des agressions physiques et verbales dont ils sont victimes.  Mahfouda Lefkir est ancienne détenue politique (nov. 2019-mai 2020) et Lahbib Boutenguiza, ancien kinappé sahraoui, est membre du bureau du CODESA. (Source CODESA)

20 octobre – Noces de porcelaine et droit de visite Claude Mangin-Asfari célèbre ses 20 ans de mariage sans pouvoir rendre visite à son mari emprisonné à Kenitra. Pour mémoire, Claude Mangin, interdite de séjour au Maroc depuis 2016, avait été autorisée à rendre une seule visite à son mari en 2019 après une grève de la faim de 30 jours. Cette visite s’était déroulée dans des conditions difficiles (filatures, articles diffamatoires, etc..).

Il faut aussi rappeler que les conditions de visite sont difficiles pour tous les prisonniers. Leurs familles sont éloignées (plus de 1000 km) ce qui entraîne des coûts élevés, la longueur et fréquence des visites sont souvent soumises à l’arbitraire des directeurs de prison…. À plusieurs reprises, les prisonniers se sont mis en grève de la faim pour être rapprochés de leurs familles, sans succès à ce jour. Au contraire, ils ont subi des représailles.

21 octobre  – Le Congrès national du CODESA (Collectif des Défenseurs des Droits de l’Homme au Sahara occidental) empêché par les autorités marocaines. Ce congrès organisé au domicile de Ali Salem Tamek, ancien prisonnier politique et défenseur sahraoui des droits humains, n’a pu se dérouler comme prévu. Le CODESA rapporte que la maison d’Ali Salem Tamek a été encerclée par les forces marocaines et que des agressions physiques ont été perpétrées sur les membres de l’association et les militants solidaires qui tentaient de se réunir. Des tweets d’AMNESTY-France, Human Rights Watch et Mary LAWLOR, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains au Conseil des Droits de l’homme, dénoncent cette situation.

 

21 octobre – Grève de la faim de Mohamed Radi dit DAH pour protester contre le traitement discriminatoire et raciste infligé par les autorités à son encontre. Comme les autres prisonniers, Mohamed DAH fait face à des conditions de vie de plus en plus difficiles et l’administration  pénitentiaire lui a  confisqué les documents nécessaires à des travaux universitaires.(Source SPS)

25 octobre – Privation de droit aux soins pour Abdalahi El Wali dit LIWAFNI Abdalahi. Sahara Presse Service rapporte que  » Le prisonnier sahraoui a reçu, lundi dernier, une décision de la délégation générale de l’administration pénitentiaire marocaine, par l’intermédiaire de la direction de la prison centrale de Kenitra, qui stipule que ses demandes relatives au transfert à l’hôpital et à son droit aux soins et aux examens médicaux ne seront satisfaites qu’après avoir renoncé à son identité sahraouie et à ses positions en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance« .

26-27 octobre –Grève de la faim de 48 h des prisonniers politiques en soutien à Mohamed DAH. (Source SPS qui cite la LPPS – Ligue des Prisonniers Politiques Sahraouis dans les prisons marocaines.)

Les détentions de 4 sahraouis font obstacle au travail de De Mistura

Equipe Média, le 08/09/2023
Dakhla, Sahara occidental occupé

Les forces d’occupation marocaines ont arrêté quatre sahraouis, le 7 septembre 2023, alors qu’ils se rendaient à une réunion avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura.

Ils ont été arrêtés à midi devant l’hôtel Bavaro Beach à Dakhla, et emmenés au poste de police de Dakhla. Ils ont été libérés le soir, à 19h30, heure d’El Aaiun occupée.

Les quatre détenus :

Ennaama Aghrichi est le frère d’un commerçant sahraoui, Lahbib Aghrichi, séquestré le 7 février 2022 et toujours disparu. Dans le rapport envoyé par la famille au Comité sur les disparitions forcées des Nations Unies, elle donne des informations qui permettraient de déduire la connivence de la police marocaine dans l’enlèvement.

Ennama Aghrichi voulait remettre le rapport à Mr. De Mistura.

Ennaama Aghrichi exprime le désarroi de sa famille face au manque de clarté entourant la disparition de son frère. Malgré les sit-ins pacifiques organisés devant leur domicile, aucune autorité ne semble disposée à confirmer officiellement le décès de Lahbib Aghrichi. La famille exprime ainsi des doutes quant à la version officielle des faits et réclame que la lumière soit faite sur cette situation troublante.

Trois militants pour l’auto-détermination et les droits humains

Rachid Sghayer, Hassan Zerouali et Hamdi Greimich tenaient à informer M. De Mistura sur la situation de répression et d’absence de droits au Sahara occidental occupé. Aussi sur le pillage systématique des ressources naturelles.

Rachid Sghayer, une figure de proue du mouvement sahraoui pour l’autodétermination, un activiste sahraoui de longue date, connu pour son courage et son engagement sans faille.

En 2009, M. Sghayer fut arrêté à Casablanca avec un groupe de défenseurs des droits humains sahraouis -le groupe des 7- alors qu’ils revenaient d’une visite aux camps de réfugiés sahraouis. Il a été emprisonné pendant plusieurs mois sans procès.

Il a été arrêté à plusieurs reprises par les forces d’occupation marocaines.

Le 17 juillet 2023, il a été victime d’une tentative d’assassinat par des colons marocains.

En 2022, son frère, Mohamed Sghayer, a été enlevé par les forces d’occupation marocaines. Son sort reste inconnu.

Hassan Zerouali est un militant parmi les chômeurs sahraouis. Il travaillait en tant que gardien dans le projet de construction du port de Dakhla Atlantique, mais il a été licencié en raison de son activisme syndical et de son incitation aux chômeurs à protester contre l’État d’occupation marocain, pour garantir leur droit au travail et bénéficier des revenus des ressources naturelles de leur pays.

Hamdi Grimich est un jeune militant des droits de l’homme et membre du CODESA. Son militantisme lui a valu un an de prison.

Les raisons des arrestations

Les autorités marocaines n’ont pas donné d’explication aux arrestations. Il est évident qu’ils ont voulu entacher la visite de M. De Mistura, ne lui permettant pas de maintenir ses réunions librement et le privant d’informations précieuses pour son enquête.

Est-ce que Mr. De Mistura a été informé de ces détentions stratégiques ? Cette action effrontée des forces d’occupation marocaines constitue une offense aux fonctions de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, ainsi qu’une nouvelle preuve de la répression exercée par les autorités marocaines sur le peuple sahraoui.

Conséquences

Les Nations Unies et la communauté internationale doivent condamner ces arrestations, qui ont interféré l’action des Nations Unies, et appuyer les efforts de M. De Mistura.

Actualités juillet-août 2023

26 juillet – Lancement d’une campagne médiatique pour la libération des prisonniers politiques sahraouis

Equipe Media, un collectif de journalistes sahraouis basé dans la ville occupée de Laâyoune (Sahara occidental), a lancé « une campagne médiatique pour exiger la libération des prisonniers politiques sahraouis, notamment ceux du groupe Gdeim Izik, et faire la lumière sur les injustices qu’ils continuent de subir dans les geôles marocaines. La campagne sera menée sur diverses plateformes, notamment les réseaux sociaux et le site web d’Equipe Media. Le collectif appelle aussi les instances internationales, les gouvernements et toute personne concernée par les droits de l’Homme à envoyer des lettres et des courriels aux autorités d’occupation marocaines, les exhortant et pressant à libérer les prisonniers et à mettre fin à cette injustice de longue date. » (Source La Nouvelle République – Algérie)

 

Début août, le Comité des Nations unies contre la Torture (CAT) publie sa décision du 2 février 2023 concernant Mohamed BANI et demande au Maroc de répondre aux allégations de torture et mauvais traitements.

Pour mémoire, c’est la 5ème décision du CAT concernant un prisonnier du groupe de Gdeim Izik et dans ce dernier document le Comité  » note le caractère systémique de ces affaires concernant les évènements survenus le 8 novembre 2010 dans le camp de Gdeim Izik ». (CAT/C/75/D/999/2020 – §7.11). 

 

2  août

La Diaspora sahraouie en France, préoccupée par la situation alarmante des Prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik,  appelle   » L’Assemblée générale des Nations Unies, Le Comité des Nations Unies contre la Torture (CAT), le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres, le Conseil de sécurité des Nations Unies, à exhorter le Maroc à respecter la convention contre la torture ainsi que son protocole additionnel et qu’au vu de la durée de détention arbitraire encourue, de l’absence de procédure régulière et des souffrances auxquelles le groupe Gdeim Izik a été exposé, ces prisonniers politiques soient libérés.

 

9 août – 18 août – Grève de la faim de Mohamed Lamine Haddi

Dès l’annonce de cette grève,  La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines ( LPPS)  lance une alerte «  Sauvez la vie de Mohamed Lamine Haddi », message envoyé à l’Union africaine, à chacun des « amis du Sahara occidental » – la France, le Royaume Uni, l’Espagne, la Russie et les Etats-Unis d’Amérique -, à l’Allemagne, aux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies et à diverses organisations de défense des droits de l’homme.

En effet, la santé de Mohamed Lamine Haddi inspire de très vives inquiétudes : complications suite à deux très longues grèves de la faim (plus de 2 mois) sans suivi médical, refus de soins nécessités par une très douloureuse infection (séquelle des tortures lors de son arrestation), sans compter les mauvais traitements récurrents, isolement et harcèlements….

Au bout de neuf jours, Mohamed Lamine Haddi interrompt sa grève de la faim suite aux engagements de l’administration pénitentiaire : transfert à l’hôpital pour enfin établir un diagnostic (aucune visite médicale depuis le 16 septembre 2017), transfert dans une prison plus proche de son domicile, cessation de toute forme de traitement cruel et de discrimination raciale de la part du personnel pénitentiaire.

Dans un courrier du 31 août, la LPPS fait savoir que  » le pus a été nettoyé. Mais Mohamed L. Haddi ne dispose d’aucun diagnostic médical ni d’aucun traitement. Il a toujours un terrible mal de tête. Il a de la fièvre. Il ne peut pas dormir. L’administration pénitentiaire n’a pas tenu ses promesses et continue de laisser sa maladie le consumer. Il n’a pas non plus été transféré. »

 

30 août

Le  Comité National Sahraoui des Droits de l’Homme (CONASADH) rappelle que  » Le monde commémore le 30 août la Journée Internationale des Disparitions Forcées en solidarité avec les personnes enlevées par la force et leur famille, pour exiger la révélation de leur sort, et exiger le respect des conditions des conventions et accords internationaux traitant des droits de l’homme, en particulier la Convention Internationale pour la Protection de Toutes les Personnes contre la Disparition Forcée « .

Dans sa déclaration, le CONASADH « appelle le Comité international de la Croix-Rouge à assumer ses responsabilités dans le cadre de ses mandats légaux en faisant pression sur l’État marocain pour qu’il respecte les droits de l’homme, qu’il libère immédiatement et sans condition tous les détenus politiques sahraouis, qu’il révèle le sort de plus de 500 Sahraouis disparus et qu’il ouvre le territoire occupé de la République sahraouie aux médias, aux observateurs internationaux, aux personnalités et aux délégations parlementaires internationales ».

Crédit photo. couverture – Mohamed Lamine Haddi – Source SPS