Catégorie : Détention Prisonniers Politiques

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Actualités – Des nouvelles des prisonniers Sahraouis détenus au Maroc.

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Actualité du mois de mai 2024 – REFUS DE L’ETAT MAROCAIN DE RESPECTER SES OBLIGATIONS JURIDIQUES EN MATIERE DE DROITS DE L’HOMME.

C’est l’une des conclusions du Rapport 2023 de La Ligue de Protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines  (LPPS) sur la situation des prisonniers civils sahraouis dans les prisons de l’occupation marocaine.
Ce rapport préparé pour le prochain Conseil des Droits de l’Homme qui se tiendra à Genève du 18 au 22 juin détaille les conditions de vie très difficiles des prisonniers, les refus de soins médicaux, les mises à l’isolement pendant des années, les visites des familles entravées…
La LPPS appelle à la libération des prisonniers politiques sahraouis et demande à la communauté internationale, au CICR et à l’Union africaine de faire pression sur le Maroc pour qu’il respecte le droit international et les Conventions de Genève.
Pour consulter le rapport : Rapport LPPS 2023 FR – PDF

PRISONNIERS POLITIQUES – Actualités novembre – décembre 2023

8 novembre 2023 : Journée nationale  du prisonnier sahraoui

« Des dizaines d’étudiants sahraouis en Europe (Espagne, France…) ont appelé à la libération immédiate des détenus politiques sahraouis incarcérés arbitrairement par les autorités d’occupation marocaines, interpellant la communauté internationale pour sanctionner le Maroc en raison de ses violations répétées et délibérées des droits de l’Homme contre le peuple sahraoui.

Pour mémoire la date du 8 novembre a été choisie en raison des évènements survenus le 8 novembre 2010, lorsque les forces d’occupation marocaines ont démantelé sauvagement le campement de Gdeim Izik, qui comprenait environ 6.500 tentes installées par des Sahraouis un mois plus tôt pour protester contre les mauvaises conditions socio-économiques au Sahara occidental occupé par le Maroc depuis 1975. »

Source SPS.

7 décembre 2023 – La Ligue des prisonniers politiques sahraouis publie son rapport périodique sur la situation des prisonniers civils dans les prisons marocaines pour la période s’étendant du 1er août 2023 au 30 novembre 2023.

Lien le Rapport périodiquePDF

8 décembre 2023

Saluant  l’Avis du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire qui vient de demander la libération immédiate des prisonniers de Gdeim Izik au Sahara occidental, les Familles des prisonniers de Gdeim Izik, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, Le Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’homme ont organisé un webinar de plaidoyer appelant le Maroc à respecter la décision du Groupe de travail des Nations Unies.

23 décembre 2023

L’organisation internationale Front Line Defenders appelle, le Maroc à libérer « immédiatement » les prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, maintenus arbitrairement en détention depuis plus de 13 ans.

Les détentions de 4 sahraouis font obstacle au travail de De Mistura

Equipe Média, le 08/09/2023
Dakhla, Sahara occidental occupé

Les forces d’occupation marocaines ont arrêté quatre sahraouis, le 7 septembre 2023, alors qu’ils se rendaient à une réunion avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura.

Ils ont été arrêtés à midi devant l’hôtel Bavaro Beach à Dakhla, et emmenés au poste de police de Dakhla. Ils ont été libérés le soir, à 19h30, heure d’El Aaiun occupée.

Les quatre détenus :

Ennaama Aghrichi est le frère d’un commerçant sahraoui, Lahbib Aghrichi, séquestré le 7 février 2022 et toujours disparu. Dans le rapport envoyé par la famille au Comité sur les disparitions forcées des Nations Unies, elle donne des informations qui permettraient de déduire la connivence de la police marocaine dans l’enlèvement.

Ennama Aghrichi voulait remettre le rapport à Mr. De Mistura.

Ennaama Aghrichi exprime le désarroi de sa famille face au manque de clarté entourant la disparition de son frère. Malgré les sit-ins pacifiques organisés devant leur domicile, aucune autorité ne semble disposée à confirmer officiellement le décès de Lahbib Aghrichi. La famille exprime ainsi des doutes quant à la version officielle des faits et réclame que la lumière soit faite sur cette situation troublante.

Trois militants pour l’auto-détermination et les droits humains

Rachid Sghayer, Hassan Zerouali et Hamdi Greimich tenaient à informer M. De Mistura sur la situation de répression et d’absence de droits au Sahara occidental occupé. Aussi sur le pillage systématique des ressources naturelles.

Rachid Sghayer, une figure de proue du mouvement sahraoui pour l’autodétermination, un activiste sahraoui de longue date, connu pour son courage et son engagement sans faille.

En 2009, M. Sghayer fut arrêté à Casablanca avec un groupe de défenseurs des droits humains sahraouis -le groupe des 7- alors qu’ils revenaient d’une visite aux camps de réfugiés sahraouis. Il a été emprisonné pendant plusieurs mois sans procès.

Il a été arrêté à plusieurs reprises par les forces d’occupation marocaines.

Le 17 juillet 2023, il a été victime d’une tentative d’assassinat par des colons marocains.

En 2022, son frère, Mohamed Sghayer, a été enlevé par les forces d’occupation marocaines. Son sort reste inconnu.

Hassan Zerouali est un militant parmi les chômeurs sahraouis. Il travaillait en tant que gardien dans le projet de construction du port de Dakhla Atlantique, mais il a été licencié en raison de son activisme syndical et de son incitation aux chômeurs à protester contre l’État d’occupation marocain, pour garantir leur droit au travail et bénéficier des revenus des ressources naturelles de leur pays.

Hamdi Grimich est un jeune militant des droits de l’homme et membre du CODESA. Son militantisme lui a valu un an de prison.

Les raisons des arrestations

Les autorités marocaines n’ont pas donné d’explication aux arrestations. Il est évident qu’ils ont voulu entacher la visite de M. De Mistura, ne lui permettant pas de maintenir ses réunions librement et le privant d’informations précieuses pour son enquête.

Est-ce que Mr. De Mistura a été informé de ces détentions stratégiques ? Cette action effrontée des forces d’occupation marocaines constitue une offense aux fonctions de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, ainsi qu’une nouvelle preuve de la répression exercée par les autorités marocaines sur le peuple sahraoui.

Conséquences

Les Nations Unies et la communauté internationale doivent condamner ces arrestations, qui ont interféré l’action des Nations Unies, et appuyer les efforts de M. De Mistura.

Actualités  mars – juin 2023

Les conditions de vie des prisonniers sahraouis sont extrêmement dégradées, et les alertes se succèdent pour informer et sensibiliser le public.

Le 14 mars, dans un entretien accordé à APS en Algérie, « Claude Mangin, a exprimé ses craintes quant à l’état de santé des prisonniers sahraouis dans les geôles du colonisateur marocain, où ils sont « maltraités de manière systématique ».

Le 18 mars, La Commission nationale sahraouie des droits de l’Homme (CONASADH) se félicite de la publication de la décision du Comité des Nations unies contre la torture (CAT) sur le cas du prisonnier politique sahraoui, Abdel Jalil Laaroussi, confirmant qu’il est « victime de torture et de mauvais traitements » de la part des agents de l’occupant marocain. Lire plus

NOUVELLE CONDAMNATION DU MAROC PAR LE COMITE CONTRE LA TORTURE DES NATIONS UNIES (CAT)

Le CAT, dans sa décision du 3 février 2023 (CAT/C/75/D/999/2020), rendue publique début août, détaille le cas de Mohamed BANI, prisonnier politique du Groupe de Gdeim Izik, condamné à la prison à vie après des aveux sous la torture. Il évoque également les mauvaises conditions de sa détention et l’absence de soins médicaux. Dans sa décision, le CAT souligne :  » Enfin, le Comité note le caractère systémique de ces affaires concernant les événements survenus le 8 novembre 2010 dans le camp de Gdeim Izik ». Mohamed BANI ne peut recevoir la visite de son avocate.

 

DIS-LEUR QUE J’EXISTE, UNE HISTOIRE SAHRAOUIE

À partir de l’histoire de Naâma Asfari, prisonnier politique sahraoui du groupe  de Gdeim Izik, condamné 30 ans de prison, ce documentaire retrace la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et la quête de justice pour obtenir leur libération et la condamnation du Maroc pour tortures sur les militants pour l’indépendance sahraouie .

Il est maintenant en accès  libre et gratuit à partir du lien suivant :   https://vimeo.com/showcase/disleurquejexistelefilm

Merci à la réalisation et à la production pour cette mise à disposition du plus grand nombre.

Nous espérons avec eux que « la gratuité et l’accès libre donnera un nouveau souffle à la voix de Naâma ».

Situation des 3 grévistes de la faim

Suite à la grève de la faim entamée le 20 février dernier, à la prison d’Aït Melloul, par ABDMULAY MOHAMED dit El HAFED,  MOHAMED SALEH BUJAMA dit DADA, et EL HASSIN BACHIR BRAHIM dit EL MADUR, la Communauté sahraouie en France a organisé le 18 mars un rassemblement au Trocadéro : « Sauvons la vie des Prisonniers Politiques Sahraouis en danger dans les prisons marocaines« .

Abdmulay El Hafed  et Mohamed Dada ont suspendu leur grève de la faim les premiers après avoir reçu des promesses de l’administration pénitentiaire locale.

Mohamed Dada a été transféré à la prison de Tan Tan, plus proche de sa famille.

En revanche, les deux autres prisonniers, Abdmulay El Hafed et El Hassin Bachir dit El Madur ont été transférés dans une prison (Safi) encore plus éloignée de leurs familles. Lire plus

3 étudiants et prisonniers sahraouis sont en grève de la faim illimitée depuis 20 février 2023

Communiqué de presse du CODESA

Depuis le 20 février 2023, 3 étudiants et prisonniers politiques sahraouis sont en grève de la faim ouverte à la prison locale, Ait Melloul / Maroc, après plus de 7 ans d’emprisonnement politique pour les deux prisonniers politiques sahraouis, « Abdelmoula Al Hafidi«  et « Mohamed Saleh Boujemaa Dada« , et plus de 4 ans pour le prisonnier politique sahraoui, « Al-Hussein Al-Bashir Ibrahim Amaâdour« . Lire plus

Première visite en quatre ans à Mohamed Lamine Haddi, prisonnier politique sahraoui 

par Cristina Martìnez- Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis (MPPS). 

Mohamed Lamine Haddi, un prisonnier politique du groupe de Gdeim Izik, a été condamné par le Maroc à 25 ans de prison lors d’un procès entaché d’irrégularités de procédure.

Outre les tortures avant le procès, Mohamed Lamine souffre de conditions de détention dramatiques. Il est placé à l’isolement depuis septembre 2017. Il ne reçoit pas de soins médicaux malgré ses multiples affections, même lorsqu’il a organisé, entre autres, deux impressionnantes grèves de la faim de 69 et 63 jours au coursde la même année 2021. Pas même à ces moments-là, on n’a permis à sa famille de lui rendre visite : elle avait parcouru 1 300 km pour savoir s’il était vivant ou mort, car ils ne pouvaient pas communiquer avec lui et n’avaient aucune nouvelle.

Hier, le 7 février, il a reçu sa première visite en quatre ans. Son frère Mohamed Ali lui a rendu visite et ne l’a pas reconnu, tant son apparence s’est dégradée. Il est très maigre, ses traits et sa structure physique ont changé. Son état d’esprit est aussi malade que son corps.

La visite a duré moins de quinze minutes. Le frère a voyagé d’El Ayoun à la tristement célèbre prison de Tiflet 2, pour n’avoir le droit de le voir qu’un quart d’heure après quatre ans. Pendant ce temps, Mohamed Lamine toussait, il avait l’air malade. Il n’avait pas le droit à une assistance médicale, ni à ce moment-là ni jamais.

Après la première grande grève de la faim qui s’est terminée le 22 mars 2021, il a souffert d’une « paralysie partielle du côté gauche, de tremblements dans les jambes, de la sensation d’avoir une pierre dans la main gauche, de pertes de mémoire et de douleurs sévères à l’estomac et aux reins ». Tout cela n’a pas été traité et n’a pas été soigné, et la grève de la faim a entraîné des complications qui l’accompagnent toujours, telles que, comme la famille continue de l’énumérer, « l’énurésie, des brûlures d’estomac, le syndrome du côlon irritable, des vomissements et des nausées en raison de la pourriture de la cellule, de la toilette à côté de laquelle où il dort, et de graves douleurs à la tête et aux articulations dues à la torture, ainsi qu’une mauvaise vision de l’œil gauche en raison du coup qu’il a reçu le 15 mars 2022. Il a très mal à l’oreille gauche, d’où sort du pus ». Une fois encore, l’administration pénitentiaire lui refuse la visite du médecin.

Son frère lui a apporté des livres, des stylos et du miel, mais les gardiens de la prison ne lui ont pas permis de les lui remettre.

Les photos que nous avons de Mohamed Lamine datent de plus de 12 ans. Ce jeune homme beau, souriant, courageux, correspondant radio de la RASD, amoureux de la vie et de la cause sahraouie, n’existe plus. À sa place se trouve un homme malade, âgé, déformé et rongé par la torture, les grèves, la maladie, la solitude et le désespoir. La souffrance de 12 ans s’est matérialisée dans un corps dégradé.

Des souffrances qui ont été gravées sur tous les membres de la famille. Parmi eux, la mère, Munina, qui est allée le voir et s’est retrouvée en détention, et qui a propagé la cause de Mohamed Lamine jusqu’à ce que son autre fils, Ahmed, soit emprisonné pour acheter le silence de la famille ; la sœur, Tfarah, qui a fait trois fausses couches, dont deux lorsque Mohamed Lamine a fait deux grèves de la faim. L’horreur d’une grève de la faim de 69 jours et d’une autre de 63 jours est insupportable, inimaginable. D’autant plus pour la famille qui ne pouvait ni le voir ni lui parler, qui n’avait aucune nouvelle, qui ne savait pas s’il était vivant ou mort. Le troisième avortement a eu lieu lorsque son frère Ahmed a été arrêté. 

La violation des droits humains par le Maroc vient d’être condamnée par l’Union européenne (avec quelques exceptions déshonorantes : le PSOE a voté contre, le PP s’est abstenu). Plus précisément, la cruauté du Maroc envers les prisonniers politiques sahraouis est notoire, mais il est nécessaire de personnaliser l’histoire de la torture pour découvrir la véritable dimension de la cruauté du Maroc envers les innocents et sans défense. Le cas de Mohamed Lamine Haddi est significatif. 

Dans deux semaines, cela fera cinq ans que Mohamed El Ayoubi, un autre prisonnier de Gdeim Izik, est décédé, le 21 février 2018, des séquelles des tortures et des négligences médicales qu’il avait subies en prison. Sa mort n’a servi à rien. Personne n’a pris de mesures pour s’assurer que cela ne se reproduise pas. 

Texte original en espagnol publié le 8-2-2023 – Traduction française le site https://tlaxcala-int.blogspot.com