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SAHARA OCCIDENTAL OCCUPÉ : 2019, ANNÉE DE REPRESSION VIOLENTE ET CONTINUE.

Pour le Peuple Sahraoui, 2019 aura été une année de répression particulièrement violente et continue de la part des forces marocaines occupantes.

De nombreuses arrestations ont eu lieu, non seulement lors de manifestations pacifiques pour le droit à un référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental, mais aussi lors d’un rassemblement spontané pour fêter joyeusement la victoire de l’équipe d’Algérie à la coupe d’Afrique de football !!!

Plusieurs jeunes Sahraouis ont été jugés et condamnés en septembre 2019 à des peines allant jusqu’à 30 mois de détention uniquement pour avoir fêté dans la rue la victoire de l’Algérie Lire plus

Claude Mangin-Asfari à la 42ème session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève

Avec la représentante du Front Polisario en Suisse et de nombreuses personnalités sahraouies et européennes présentes à l’occasion de cette session, elle a participé à différents rendez-vous et réunions pour plaider toujours en faveur du respect des droits humains au Sahara occidental occupé : liberté de parler, liberté de se réunir, liberté de manifester sans risquer les mauvais traitements ou la prison.

Ces rencontres sont-elles utiles, quand leurs résultats sont rarement à la hauteur de ce qu’on peut espérer  ? En tout état de cause, les experts et juristes du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et des Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme ne peuvent ignorer les témoignages des Sahraouis, qu’il s’agisse d’anciens disparus, d’ex-prisonniers ou de défenseurs des droits de l’homme. Ils ne peuvent ignorer non plus le témoignage de l’épouse d’un des prisonniers politiques sahraouis incarcérés depuis près de 10 ans au Maroc, que l’on empêche de rendre visite à son mari : Claude Mangin-Asfari. Lire plus

Les prisonniers sahraouis du Groupe de Gdeim Izik entament une grève de la faim pour alerter sur leur sort inique

Nous avons appris que les Prisonniers politiques sahraouis du Groupe de Gdeim Izik ont mené une grève de la faim de 48 heures, lundi 16 septembre et mardi 17 septembre, pour alerter sur leur terrible sort : dispersés dans des prisons marocaines loin de leur pays, le Sahara occidental, souvent isolés, sans soins médicaux, en attente depuis bientôt dix ans de la sentence définitive de leur procès, la Cour de cassation marocaine ne délivrant toujours pas son avis près de deux ans après avoir été saisie, ils ont trouvé la force de se mettre ensemble en grève de la faim pour faire entendre leur voix.

Nous la transmettons ici.


Les prisonniers sahraouis du Groupe de Gdeim Izik entament une grève de la faim pour alerter sur leur sort inique

La Ligue pour la Protection des Prisonniers Sahraouis a reçu une déclaration émanant des prisonniers civils du Groupe de Gdeim Izik qui annonce qu’ils ont entamé une grève de la faim de 48 h pour marquer le second anniversaire de leur dispersion arbitraire après avoir été condamnés à de lourdes peines.

Déclaration

Deux années après notre déportation arbitraire et humiliante de la prison d’El Arjat (Salé), le 16 septembre 2017, vers différentes prisons sur le territoire marocain,

Suite aux sentences très dures que le système judiciaire marocain corrompu nous a infligées

à l’issue d’un procès mascarade, qualifié par les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits de l’homme de procès inéquitable,

car les sentences du tribunal civil ont repris celles du tribunal militaire de février 2013,

ce qui souligne le caractère politique d’un tel procès au travers duquel le système marocain a voulu se venger de nos activités de défense des droits de notre peuple à la liberté et à la dignité,

et aussi du soutien international que notre cause nationale a reçu après l’exode massif des Sahraouis vers le campement de Gdeim Izik,

exode dans lequel nous avons joué un rôle significatif pour qu’il marque à jamais l’histoire de notre peuple en lutte pour défendre sa terre et revendiquer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance,

Nous menons une grève de la faim de 48 heures afin de rappeler au monde notre souffrance et la violation de nos droits fondamentaux, en particulier notre droit à la dignité et à la liberté, et pour dénoncer le transfert de plusieurs de nos camarades vers des prisons très éloignées, ce qui a épuisé la capacité de leur famille à les visiter – un problème persistant, dont ils souffrent depuis des années,

Devant les retards imposés par l’État marocain à un appareil judiciaire supposé indépendant – cela fait plus de deux ans que des pourvois en cassation ont été déposés dans les délais légaux certifiés par des juristes auprès de la Cour de cassation, et que celle-ci n’a toujours pas rendu son avis – ,

Sur la base de tous ces éléments, nous appelons les Nations Unies, l’Union Africaine et l’Union Européenne, ainsi que toutes les organisations internationales de défense des droits de l’homme, à entreprendre une action urgente et à exercer les pressions nécessaires sur l’État marocain pour qu’il nous libère immédiatement et qu’il mette fin à la souffrance de nos familles et de notre peuple pacifique.

Prison locale de Tiflet 2 :

Mohamed Lamine Haddi, El Bachir Khadda, Sidi Abdelahi Abhah, Mohamed Bourial

Prison locale de El Arjat :

Sidi Abdeljalil Laaroussi

Prison centrale de Kénitra :

Ahmed Sbaï, El Houssain Ezzaoui, El Bachir Boutenguiza, Abdallah Lakhfaouni, Enaama Asfari, El Hassan Dah

Prison locale d’Aït Melloul 2 :

Mohamed Bani, Brahim Ismaili, Sidi Ahmed Lamjayed, Mohamed Embarek Lefkir

Par les prisonniers sahraouis du Groupe de Gdeim Izik,

Lundi 16 septembre 2019

Des Nouvelles… – Mohamed Hassana Ahmed Salem Bourial

Mohamed Bourial, prisonnier politique Sahraoui, membre du groupe de Gdeim Izik et condamné à 30 ans de prison, est détenu à la prison de Tiflet2 depuis Mars 2018 ; celle-ci est située à 1300 km de sa famille au Sahara occidental. En plus des tortures qu’il a subies lors de ses interrogatoires par la police marocaine peu après son arrestation en 2010, il n’a cessé d’être harcelé et maltraité au sein des différentes prisons où il a été détenu. A Tiflet2, il est placé à l’isolement, privé de visite, dans un état de santé précaire qui n’est pas pris en compte par les autorités pénitentiaires.

Pour protester contre son éloignement du Sahara occidental, de ses mauvaises conditions de détention et le manque de soin, la famille de Mohamed Bourial a déposé une requête devant le Comité contre la torture de l’ONU en novembre 2018

Mohamed a entamé une grève de la faim illimitée le 20 mars 2019 pour demander son transfert dans une prison proche de sa famille et de meilleures conditions de détention. Dans un premier temps, la direction pénitentiaire l’a privé d’eau ; sa santé s’est encore détériorée, mais il a tenu bon.

Il a finalement suspendu sa grève de la faim le 18 avril sur la promesse qu’il sera transféré cet été dans une prison proche de sa famille.

En savoir plus : Preso político saharaui Mohamed Bourial suspende huelga de hambre después de 30 días –

M’Barek Daoudi été libéré le 28 mars 2019

Mbarek Daoudia a été libéré le 28 mars 2019 de la prison de Bouzakarn (Maroc). Le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires a demandé en août 2018 sa libération immédiate.


Lettre ouverte au Ministre de la Justice du Royaume du Maroc S.E.M. Mohamed Aujjar

ONGs – Groupe de Soutien de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme au Sahara occidental


France Info – 29 mars 2019 – Le Maroc relâche un défenseur des droits de l’Homme sahraoui après 5 ans de détention arbitraire – Par Alain Chémali

Claude Mangin, une «femme courage» au service des droits du peuple sahraoui

Le Festival Cinéma et droits de l’homme* de Toulouse et Région midi Pyrénées a inscrit dans son programme de janvier 2019 une cause très oubliée, celle du peuple sahraoui: 3 soirées avec film et débat autour du documentaire, «Dis-leur que j’existe-une histoire sahraouie» de Manue Mosset, à Toulouse, Lavelanet et Tarbes et aussi une exposition de photos de Maurice Cuquel à «l’Espace diversités et laïcité» de Toulouse intitulée «Retour sur terre» sur les conditions de vie du peuple sahraoui de la République Arabe Sahraouie en exil dans les Campements de réfugiés près de Tindouf dans le Sud Ouest algérien. Les 3 soirées étaient organisées avec le soutien de l’ACAT.

Pour ces événements, une invitée remarquable, Claude Mangin, l’épouse de Naâma Asfari, militant sahraoui pacifique, défenseur des droits humains, emprisonné au Maroc. A l’Espace des diversités, Claude témoigne devant le public présent, représentants des associations, 2 élues de la Mairie de Toulouse et du Conseil régional, ainsi qu’un responsable d’une association sahraouie et de sa famille. Le documentaire a été présenté au cinéma Le Cratère. Antony Jean, photographe et vidéaste originaire de la région était présent. Ses images ont été à l’origine de ce film. Son témoignage a été percutant: Il était présent lors du plus grand rassemblement pacifique de protestation de Gdeim izik installé à 10 km de Laayoune capitale du Sahara occidental occupé par le Maroc. Ce Campement de la dignité a réunit plus de 20 000 Sahraouis dans 8000 tentes en octobre- novembre 2010. Il raconte la lutte de son mari, militant pacifique, emprisonné depuis novembre 2010 avec 23 autres pour un crime qu’ils ne peuvent avoir commis. L’assassinat présumé de 11 membres des forces armées marocaines lors de l’attaque du Camp de Gdeim Izik par l’armée marocaine a eu lieu le lendemain de son arrestation dans une maison d’un ami à Laayoune, le 7 novembre! Ils subissent alors des tortures, sont contraints à des aveux forcés et transférés à la prison de Salé près de Rabat. En 2013, ces 24 civils sont jugés par un tribunal militaire lors un procès inéquitable: Naâma Asfari est condamné à 30 ans de prison et les autres à des peines allant de 20 ans à perpétuité. Après un arrêt de la Cour de cassation marocaine en 2016 un nouveau procès en Appel a eu lieu à Rabat devant une cour civile. Les mêmes peines ont été prononcées après 7 mois de procès sans plus de preuves. A l’issue de ce procès, représailles et vengeance se sont abattues sur le groupe qui a été dispersé dans 7 prisons du royaume en contrevenant au Droit International Humanitaire des Conventions de Genève, le droit de la guerre auquel adhèrent Maroc et Polisario qui stipule qu’ils devraient être incarcérés près de leurs familles en Territoire occupé du Sahara Occidental. Le droit de visite aux familles qui viennent de si loin est très limité ainsi que l’accès aux soins, à la promenade et au téléphone de la prison.

A cause de son engagement, Claude Mangin a elle été interdite de visite pendant 2 ans et demi et vient seulement être autorisée à revoir son mari, à la suite de sa grève de la faim observée durant 30 jours en avril 2018. Naâma Asfari a reçu le prix 2017 des droits de l’homme décerné par la Fondation ACAT pour la dignité humaine en janvier 2018. Le Comité contre la Torture de l’ONU à Genève a condamné le Maroc pour la 1ère fois pour fait de tortures sur Naâma en décembre 2016. Cette condamnation demandait au Maroc de le libérer, de juger ses tortionnaires et de ne pas faire subir de représailles sur lui et sa famille.

Un bref rappel historique: le peuple sahraoui se bat pour sa terre depuis le départ de l’Espagne en 1976 de son ancienne colonie le Rio de Oro, disputée entre le Maroc et la Mauritanie. Une partie de la population a fui les bombardements aériens du Maroc et de son allié français et s’est réfugiée en Algérie où elle vit dans des Campements, dans des conditions très précaires, dans la région désertique de Tindouf. Ces Campements sont sous la responsabilité du HCR -Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU et sont administrés par le Gouvernement de La RASD-République Arabe Sahraouie Démocratique en exil et le Front Polisario. L’autre partie de ce peuple restée au Sahara Occidental occupé militairement par le Maroc subit persécutions et discriminations de la part de l’administration coloniale, des forces de l’ordre et parfois des colons marocains installés massivement depuis 1976 pour exploiter illégalement les richesses du SO en particulier ressources halieutiques et phosphates. La construction par le Maroc soutenu par les ingénieurs français et israéliens d’un mur de sable de 2700 km, doublé de fossés anti-chars et renforcé par des mines anti-personnels divise le territoire et met en danger les populations et le travail de la mission de la Paix l’ONU, la MINURSO, créée en 1991 lors du cessez le feu signé par le Maroc et le Polisario pour superviser l’organisation d’un référendum d’autodétermination, jamais réalisé. Cependant le Maroc, toujours très lié à la France est sur la sellette, 2 arrêts de la Cour Européenne de Justice en décembre 2016 et février 2018, stipulent que le Sahara ne fait pas partie du Maroc et que les traités d’association pour les produits agricoles et la pêche ne sont pas applicables à ce territoire. Sous pression de l’ONU, le Maroc a accepté récemment de revenir à la table des négociations qui doivent reprendre en mars prochain avec le Polisario pour l’organisation du référendum d’autodétermination promis depuis 1991.

Françoise Laborde

* Le FCDH de Toulouse est organisé depuis 12 ans par un Collectif d’associations: Amnesty International, Les Amis du monde diplomatique, le CCFD-Terre solidaire, l’Ecole des droits de l’homme, Médecins sans frontières et Médecins de monde le coordinateur.


Pour plus d’infos: www.ouiso.eu site de l’Observatoire Universitaire International Sahara Occidental, pour soutenir les Sahraouis, une association: les Amis de la RASD qui organise des missions de Solidarité, l’accueil d’enfants sahraouis des Camps de réfugiés pendant l’été, le parrainage des prisonniers politiques… www.association-des-amis-de-la-rasd.org   www.ecrirepourlesliberer.com un facebook Les Amis de la République sahraouie, et le site de l’ACAT www.acatfrance


Les prisonniers politiques sahraouis au Maroc

Merci à l’association sahraouie des prisonniers politiques de nous avoir transmis ce long rapport qui éclaire avec précision la situation de tous les prisonniers que nous parrainons. C’est un très long texte, n’hésitez pas à prendre du temps pour en prendre connaissance. Leur isolement, leurs mauvaises conditions de vie nous obligent à s’adresser à eux de manière plus personnelle, le parrainage est un des moyens pour établir ce contact. Les courriers sont rarement transmis, les directeurs de prison bloquent, aussi plus nous serons nombreux à écrire plus les autorités marocaines devront respecter les Conventions que leur pays a signées.


LIRE Rapport annuel de la ligue pour la protection des prisonniers Sahraouis aux prisons marocain (PDF) – Rapport 2018 LPPS

Le leader étudiant sahraoui sera présenté devant le Juge d’instruction le 29 janvier

Samedi 26 janvier 2019  – Por un Sahara Libre

Lahoucine Amaadour (Husein Bachir Brahim en Sahraoui) sera présenté  au Juge d’instruction de Marrakech le 29 janvier. Le jeune homme a été expulsé des Iles Canaries le 17 janvier dernier après que sa demande d’asile lui soit refusée dans des circonstances encore non expliquées par les autorités espagnoles.  Dès son retour, il a été arrêté par les autorités marocaines et détenu actuellement dans la prison d’Oudaya près de Marrakech.

Qui est Lahoucine Amaadour / Husein Bachir Brahim?

Husein Bachir Brahim Saharaui est né le 3 janvier  1991 à Guelmin, ; il a passé son enfance à El Aaiun, capitale du Sahara occidental jusqu’à ce que sa famille parte vivre à Tan Tan.  Comme tous les Sahraouis, il porte un nom « marocain »,Lahoucine Amaadour, imposé par les autorités d’occupation ; c’est son nom officiel,  il figure sur tous les documents. Lire plus

Procès de Brahim Dihani du 23/01/2019

Le défenseur des droits humains et membre de l’ASVDH, Ibrahim Dihani, a comparu, le mercredi 23/01/2019 devant la Chambre civile du Tribunal de première instance d’El Aaiun/Sahara occidental.

Sa défense se composait des avocats Maitre Mohamed Habib Al-Rokaibi et Maitre Mohamed Fadel Al-Laili. Le procès a eu lieu en présence de plusieurs activistes sahraouis venus pour soutenir le membre de l’Association sahraouie.

Lors des débats, Mr Dihani a affirmé que sa poursuite en justice est dépourvue de tout fondement juridique et s’inscrit dans le cadre des entraves au travail des défenseurs  des droits humains dans la région du Sahara occidental dont la mission est de documenter les violations des droits de l’homme commises par les autorités marocaines contre les citoyens sahraouis. La note explicative relative aux chapitres 447-1, 447-2 et 447-3 du Procureur général en chef, diffusée aux responsables des divers parquets au Maroc et l’inadaptation de l’article 72 de la loi de la presse et de l’édition au cas de Mr Dihani contredisent les accusations du parquet à son égard.

Il convient de noter que Mr Ibrahim Dihani est accusé d’avoir filmé les « forces publiques marocaines », alors qu’il était en train de documenter une manifestation pacifique. Il est observateur à l’ASVDH et chargé de documenter et rapporter sur les diverses protestations pacifiques se déroulant sur la voie publique

ASVDH
24/1/2019
El Aaiun/Sahara occidental